CAMPUS 2008

Edito

Par Christian Charrière-Bournazel



Sans attendre, je veux partager avec vous le souvenir heureux de ces trois jours passés à la Sorbonne et au Panthéon pour le CAMPUS 2008.

Plus de 4 000 avocats y ont participé. Près de 200 intervenants se sont succédé aux tribunes des amphithéâtres. Plusieurs centaines d’entre vous ont assisté à la séance de clôture dans le Grand Amphi de la Sorbonne. Une soirée au Showcase a prolongé tard dans la nuit la joie de se revoir ou de se rencontrer.

Madame Lyne Cohen-Solal est venue exprimer au nom du Maire de Paris l’intérêt qu’il porte à son barreau et le souci qu’il a de nous aider à trouver des locaux pour une pépinière et pour la nouvelle école.

Pour clore le CAMPUS, Jean-Denis Bredin a prononcé, comme toujours, un discours exceptionnel. Je tiens à le remercier pour avoir évoqué devant nous les souvenirs du barreau d’un autre temps, avec ironie et tendresse. Il s’est réjoui de notre volonté commune d’être toujours plus compétents et plus ouverts sur le monde. Il nous a chaleureusement félicités de combattre en faveur de l’identité de l’avocat et a salué notre résistance à la transposition de la 3ème directive anti-blanchiment. Il a rappelé que la liberté implique pour chacun le droit au secret, le droit de se confier en toute sécurité au confident de son choix et l’assurance absolue qu’il ne sera pas trahi.

A l’heure où nous nous réjouissons de ce que Madame Ingrid Bétancourt ait été rendue à la vie après six ans d’un insupportable calvaire, ce mot de liberté résonne davantage encore dans nos consciences. Faut-il avoir connu la captivité ou la tyrannie pour comprendre ce que le mot recouvre ? Faut-il l’avoir perdue un temps pour ne jamais se résoudre à la perdre à nouveau ? Avocats, nous en sommes les gardiens vigilants contre toute forme d’arbitraire ou d’oppression.

Durant ces trois journées, nous avons pu mesurer notre force et notre rayonnement quand nous sommes unis. En 1942, au coeur de la Résistance, Paul Eluard écrivit son hymne inoubliable :
«Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté»

Comme lui, écrivons son nom partout, inlassablement, sur les murs, sur le papier et même sur le sable et le vent.